L'absoluité de la sensation
pour une critique jamesienne de la notion de "structure" chez Kurt Koffka et Maurice Merleau-Ponty
pp. 1-46
Abstract
Je m’oppose ici à la théorie « structurale » de la sensation développée par Kurt Koffka dans les années 1920, et reprise notamment par Merleau-Ponty, qui en fait le centre théorique des analyses de la psychologie de la forme. Je commence donc par examiner cette théorie et les faits sur lesquels elle repose, en montrant notamment, à l’aide de la méréologie husserlienne, qu’ils ne peuvent paraître corroborer une théorie structurale de la sensation que si l’on confond « abstraire » et « séparer réellement » une qualité de son contexte. Il s’agit par là plus largement de montrer l’impossibilité, en fait comme en droit, de toute philosophie de la perception qui chercherait à réduire les sensations ou « qualia » à des prédicats relationnels. Je convoque alors William James à l’appui de ces conclusions, en rappelant qu’il avait déjà montré contre les théories néo-hégéliennes de son époque l’illégitimité de leur prétention à se réclamer de faits psychologiques similaires, et qu’il avait soutenu contre eux une théorie de la connaissance par accointance et de l’absoluité ontologique des qualités sensorielles que je cherche à reprendre à mon compte.
Publication details
Published in:
(2013) Bulletin d'Analyse Phénoménologique 9 (2).
Pages: 1-46
Full citation:
Trémault Éric (2013) „L'absoluité de la sensation: pour une critique jamesienne de la notion de "structure" chez Kurt Koffka et Maurice Merleau-Ponty“. Bulletin d'Analyse Phénoménologique 9 (2), 1–46.